Domotique, source d’un nouveau modèle pour un développement durable

La consommation signe de vitalité d’une société

La consommation est ce qui tire notre croissance. C’est la base de notre système actuel.
Une société qui se porte bien est une société où les familles consomment, quitte à faire n’importe quoi pour les forcer à renouveler leurs biens.
Ce concept a atteint son paroxysme dans les années 50 avec l’émergence de la notion d’obsolescence programmée.

Obsolescence programmée

Un des piliers de notre système est l’obsolescence de nos équipements. Volontaire ou pas le matériel qu’on achète à une durée de vie courte. L’avantage est de maintenir les besoins de la consommation. Mais le défaut est de générer beaucoup de déchets à recycler et de nécessiter toujours plus de ressources pour construire de nouveaux objets. Un documentaire « Prêt à jeter ou l’obsolescence programmée » paru en 2011 sur Arte, éclaire fort bien ce sujet. On voit comment certaines imprimantes peuvent être programmées pour s’auto bloquer au bout de 10 000 impressions, pour vous forcer d’en changer.

Impact sur l’environnement

Le défaut de chercher la croissance dans la consommation, est que cela assèche les ressources de la terre. A la différence des années 50 où la terre semblait avoir des ressources infinies, aujourd’hui nous savons que ces ressources sont limitées et que la surconsommation empire la situation.
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La question posée, est comment obtenir une décroissance positive ?
Comment développer une économie viable avec moins de ressources ?
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Développement durable

Le développement durable est une notion qui s’est formalisée ces 50 dernières années. L’objectif du développement durable est de définir des schémas viables qui concilient les trois aspects économique, social, et écologique des activités humaines (src wikipedia)

Y a-t-il une économie viable derrière cette notion de développement durable ?

Les services de partage des biens de consommation

Ces dernières années la notion de propriété a été revisitée.

Pourquoi être propriétaire d’un service utilisé que quelques minutes par jour ?

Beaucoup d’entreprises ce sont positionnées pour offrir une nouvelle expérience, une nouvelle façon de consommer un produit.
En voici quelques exemples :
Deezer : musique
Youboox : livre
Zipcar & Autolib : voiture
Velib : vélo
Cloud : stockage de données et synchronisation entre les mobiles

Quelles hypothèses peut-on tirer de ces expériences ?

  • Ces services cherchent à payer l’usage au lieu d’acheter le bien.
  • Ces services proposent de répondre très précisément à la demande du client dans son contexte.
  • Cette tendance cible souvent des services de masse. On est dans le concept de « Long tail » de Chris Anderson.

Ce qui est devenu rentable c’est de proposer le service et non pas d’appuyer sa performance sur la vente d’un blockbuster. Un point clé de ces offres, est de pouvoir proposer une réponse précise, customisée au contexte du client même si la demande ne représente qu’une petite quantité. 

Quels sont nos achats qui pèsent dans notre budget maison/appartement ?

Frigo, four, mobilier, équipement d’appartement représentent un budget conséquent. La preuve en est que vous changez de Frigo quand vous en êtes obligé, jamais pour avoir le Frigo dernier cris ! On peut aussi ajouter les assurances qui sont souvent une obligation pour se sécuriser ou une nécessité quand il s’agit d’obtenir un prêt pour acheter un appartement.

Pourrait – on appliquer ces nouvelles tendances : location de service et long tail au contexte de la Maison ?

Pourquoi ne pas s’abonner à un service de e-santé et avoir un service personnalisé ?
Pourquoi ne pas souscrire à un service de propreté, au lieu d’acheter une machine à laver ?
Pourquoi ne pas souscrire à un service de tranquillité afin de ne pas s’occuper de l’entretien de vos équipements ?
Pourquoi ne pas souscrire à un service d’optimisation, pour adapter ses équipements à l’usage réel qu’on en a ?
Pourquoi ne pas souscrire à un service smart home, pour avoir tous les 4 ans un renouvèlement de vos machines ? Vous auriez ainsi la dernière smart TV, ou encore le nouveau frigo qui permet de commander vos aliments, etc..

Maison communicante et objets communiquants

La balance et le tensiomètre withings sont de bons exemples d’objets communiquants.

Mais il y a aussi le capteur Koubachi qui indique quand vos plantes ont besoin d’eau.

Il y a une constante dans ces objets, les données récoltées sont mises dans le cloud et après analyse, la meilleure solution vous est proposée, répondant à vos besoins.

Pourquoi ne pas généraliser cette démarche à tous les objets de votre maison ?

Apprenons à consommer différemment grâce aux HOME DATA

Vous connaissez la notion de big data ? Voici un nouveau mot que j’invente pour imager ces propos. Le HOME DATA c’est pareil mais avec les données de votre famille et de tout ce qui se passe dans votre maison.

Il est facile d’installer des modules sur vos prises et interrupteurs qui mesurent l’énergie utilisée.
Il serait tout aussi facile de stocker dans le cloud l’usage que l’on a de son équipement comme le permet Sen.se. Tout ceci est possible avec la domotique et les objets communiquants.

Sur le modèle des services de télé surveillance, un service de propreté pourrait s’appuyer sur la domotique pour intervenir efficacement. Vos objets communiquants enverront une alerte quand un objet est défectueux pour anticiper les interventions. On peut imaginer deux façons de traiter ces alertes :

  • Par un écran de contrôle qui pourrait être votre télévision, sur lequel les alertes apparaitront et les solutions possibles seraient affichées. Par solution on peut entendre le fait d’afficher les spécialistes qui savent traiter la panne. Dans ce mode c’est vous qui maîtriser qui intervient.
  • On peut aussi imaginer que l’alerte soit envoyée au service de télé surveillance. Dans ce cas ils s’occuperaient de venir intervenir chez vous pour changer l’équipement défectueux.

Changement de paradigme « avoir un équipement qui dure »

Avec cette approche par service, le but du jeu sera d’avoir des machines qui tombent le moins souvent en panne et qui restent efficace. Par exemple imaginer une machine à laver qui mesure son efficacité de lavage. Quand elle devient trop entartrée on reçoit une alerte avec l’intervention de quelqu’un pour changer la pièce. Cette approche par service implique d’avoir des machines qui durent.

Quel impact sur l’économie ?

L’économie n’est pas ma spécialité mais on peut imaginer quelques retombées économique de ce modèle.

Cette approche développera le fait de customiser la solution domotique installée dans les Maisons ou appartements.
Cette approche développe la télé surveillance sur pleins d’autres aspects que le risque de cambriolage.
En cas de risque de gel, automatiquement mettre en marche ses radiateurs pour garder une température minimale. Le risque peut être détecté par des capteurs ou via une alerte que votre service de télé surveillance vous enverrez et qui s’afficherait sur votre écran de contrôle ou votre tv. Mais le service à distance pourra aussi être sollicité pour vous conseiller sur votre éclairage ou l’emplacement de vos meubles, si vous vous êtes abonné au « service décoration ».
Cette approche va inciter le fournisseur de ce service à installer des équipements 100% recyclables, surtout si vous avez pris l’option pour renouveler votre équipement tous les 4 ans !

Au niveau financier l’équipement d’un appartement en matériel coûte facilement 5 000 euros (four, micro onde, frigo, lave linge, sèche linge, lave vaisselle). En moyenne un équipement a une durée de vie de 5 ans. Donc avec 80 euros par mois vous amortissez cette dépense en 5 ans. Donc si ce service coûte 50 euros par mois vous serez en dessous du budget nécessaire pour être propriétaire de tous ces objets. Même si on ajoute dix ou vingt euros de plus par mois pour avoir le service de télé surveillance on serait encore en dessous du budget. Je n’ai pas la prétention de faire ici, un business plan, c’est juste pour illustrer que le budget d’équipement d’une maison est conséquent et que cela donne un potentiel d’action pour l’utiliser différemment sous forme de service.

Qui aurait intérêt à développer ce modèle ?

Voici une liste non exhaustive d’acteurs qui pourraient développer ce type de service :
- Promoteurs immobiliers (au moment de la construction de votre bien)
- EDF/GDF (apporter le service de tranquillité en complément du service d’énergie qu’ils apportent)
- Téléphone/Internet/Tv (ces services sont biens placés pour gérer votre HOME DATA)
- distributeurs de machines (ces services sont les mieux placés pour créer des machines communiquantes)
- Service de Télé surveillance (ces services sont les plus légitimes pour surveiller vos équipements car c’est dans la continuité de leur services actuels)

Un nouvel acteur qui utiliserait ce modèle de service pourrait devenir un concurrent dangereux vis à vis de ceux qui s’appuient trop sur le concept d’obsolescence programmée.

Conclusion

Je suis convaincu qu’on en est au début des services à la maison, que ces services représentent une économie viable qui ne remplacera pas l’économie de consommation mais qui peut venir diminuer positivement notre empreinte carbone.

Olivier Male

Author: Olivier MALE

Je me suis très intéressé à la domotique début 2012 suite à un changement d'appartement. Depuis je continue à suivre les nouvelles tendances et partager mon expérience. Ce qui me tient à cœur ce sont les solutions ouvertes et grand public. Ce qui m'intéresse également c'est d'étudier ce que peuvent être les usages de la maison connectée aujourd'hui et d'ici trois ans. Accéder à mes articles =>

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5 Comments

  1. Pour l avoir vécu de très près, je peux te dire que le discours tenu par les directeurs commerciaux ou chef d entreprises tiennent en une phrase: « redondance de cache » d où les services annexes proposés par zibase et eedomus. Des services qui coûtent svt pas grand chose à mettre en place et assure cette trésorerie permanente (pratique qd tu vas voir une banque ou un investisseur). Les vendeurs de copieurs ont été, il me semble, lse premiers à mettre cela en place en y ajoutant les services type assurance. Autre intérêt la location d un matériel (pas d’un service) permet la main mise sur le client et réduit sa capacité à se faire capter par un concurrent. Enfin, la location(pour les fortes sommes) permet aussi de faire de la marge arrière avec la banque selon les volumes.
    J ai quitté ce monde après l avoir servi et vomit en même temps. Malheureusement ça m à permis de comprendre beaucoup de chose. Entre autre que la soif de technologie ou le leadership n étaient pas la volonté première. :-((

  2. Pour confirmer ce que dit Enr37, je suis aussi un peu dans le sens contraire de l’article. Si on peux facilement faire des économies d’échelle en sous traitant des choses à l’extérieur de la maison, quid de la flexibilité ? Avoir son propre lave linge chez soit c’est toujours plus flexible de dépendre d’un intervenant extérieur qui ne sera pas prêt à passer le dimanche a 22h pour donner le lendemain à 7h le pentalon que le dernier a légèrement tâché suite un problème de débordement de couche.
    Si sur de l’intangible (data) on peux, éventuellement « déporter » à l’extérieur (=cloud), on reste « plus » fragile que si on étais propre gestionnaire de ses données. Sans compter que Sandy l’as bien démontrée : les datacentres sont très sensible aux problèmes d’électricité.
    Pour ma part au niveau domotique, j’ai pris une vera, car si l’internet est pété… Je peux avoir quand meme le service dont j’ai besoin (dégradé, certes, mais présent).

  3. @Enr37 je suis assez d’accord avec vous, la location de matériel rend le client captif, mais la réciproque est vraie car ce dernier n’acceptera ce service que s’il a l’engagement d’avoir un remplacement rapide de son matériel.
    @Kiwi à minima l’intervention doit être dans le même délai que lorsqu’on prend une garantie. Mais pour que ce type de service décolle il faudra à mon avis que la société soit capable d’être plus réactive, comme par exemple d’intervenir le dimanche si un client le demande. Mais c’est comme tout, tout est possible c’est une question de prix.

    Le service de la machine à laver n’est certainement pas le plus simple à mettre en place. Ce type d’approche verra peut-être le jour par un service plus ludique.

    Vous avez entendu parler des ampoules PHILIPS HUE ? Pourquoi ne pas imaginer qu’un client puisse occasionnellement s’inscrire à un concert avec l’option que ses lumières seront gérées par le DJ pendant la soirée ? Ce serait incroyable de voir sur sa TV le DJ, jouer avec les lumières et de voir l’effet se répercuter sur son appartement. Bon ok, cela parait un peu de la science fiction mais techniquement ce sera bientôt possible !

  4. @Olivier Je suis désolé de te contredire mais prenons un exemple concret que tt le monde connait les box internet. En clair, ces box on été inventées à l’ère de l’analogique pour remplacer ce que savait faire un bete modem/routeur. Certes on pourra arguer du fait qu’en 98, je payais 250 francs pour de l’illimité analogique, mais j’étais maitre de ce qui se passait dans mes données. AUjourd’hui, pour quasi le meme tarif, j’ai droit au haut débit avec un tas de service (tv, téléphone…) mais le hic, c’est que je suis captif. Plus de box ? ok ! mais du coup plus de téléphone. Impossible d’avoir un bête abonnement téléphonique comme télé2 a l’époque. Ma grand mère n’en a rien a faire d’une box et c’est pourtant le seul moyen de sortir du forfait historique de FTorange.
    Et désolé d’ajouter que ton argument de la concurrence ne tiens pas ;-)
    Que celui qui peux me dire quel est le SAV le meilleur ici me le dise. Je dois avoir fait tous les FAI, et bien tous les niveaux de SAV se valent. En clair, la situation de concurrence n’existe certes pas en cas de monopole mais pas non plus en cas d’oligopole, notre quotidien. Pire, dans le monopole, on se sait capté pour pas dire niq.. dans l’oligopole, on nous le fait croire : Cf : banques, téléphonie, internet :p
    C’est pour cela que je pense que pour l’instant la domotique n’est pas trop touché car il s’agit de petites boite réactives. Je me souviens des début de tiscali, les gars étaient hyper réactif. Je fait quoi aujourd’hui ? ma box est en panne, 3 jours de diag et 2 jours pour la changer chez mon FAI. Changer ? oui mais juste pour le plaisir de ne plus leur filer mon argent car je sais, dépité, que c’est pareil en face.
    Je te sais pro véra et ne connait pas leur niveau de SAV. ce que je vois avec l’eedomus et c’est ce qui me plait, c’est cette qualité d’empathie et de SAV souvent démontrée.

  5. Concernant le SAV de la Vera, je l’ai sollicité une fois et cela c’est très bien passé. Dans les 24h avec mon autorisation, ils ont pris la main sur ma box et ils l’ont réinitialisé. Mais je pourrai aussi donner des exemples avec les SAV de Numericable et Orange avec qui cela s’est bien passé. Il y aussi des gens compétents même dans ces grosses boites ;-)

    Je ne cherche pas à te contredire, tes arguments sont pertinents. J’espère bien que les services à la maison vont se développer sur un modèle avec plus de valeurs que l’approche triple des FAI.  

    Concernant les services à la maison, le coût de l’énergie et la capacité à réduire ses dépenses est un enjeu dès aujourd’hui. Cela me semblerait utile, qu’une société propose d’installer des compteurs d’eau et électricité intelligents pour suivre ta consommation et proposer des optimisations. Mais cela me semble compliqué de le faire payer selon les modèles actuels. Je veux dire par là, que l’investissement est trop lourd pour le gain attendu. C’est peut-être pour cela qu’il faut imaginer de nouveaux modèles.

    L’objet de l’article est de dire que les services à la maison vont très certainement se développer ces prochaines années. Dès aujourd’hui, il y a des choses très intéressantes qui se développent au niveau coaching santé (Withings & Bodymedia, ou Fitbit). Au lieu de se bourrer de médicaments on s’intéresse à développer sa forme grâce à un coach personnel.

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